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Pour les dirigeantsMis à jour le Publié le 13 min de lecture

Gestion des sous-traitants : tenir les délais

Maëlle Bengherbi, coordinatrice de projets, certifiée PMP® (gestion de projet)

Chaîne de maillons violet, jaune, orange et blanc accrochés l'un à l'autre, un dernier maillon violet vient se fixer au bout

En bref

La gestion des sous-traitants consiste à fixer par écrit ce que chacun livre, puis à suivre ses délais chaque semaine. Un seul tableau rassemble les engagements ; un point écrit dit ce qui est fait, avance ou coince. Côté loi, vous payez dans les délais et demandez une attestation de vigilance dès 6 000 € TTC de contrat.

Qu'est-ce que la gestion des sous-traitants ?

La gestion des sous-traitants consiste à choisir, cadrer et suivre les entreprises qui réalisent une partie de votre travail. Vous fixez par écrit ce que chacune livre, et pour quand. Puis vous suivez leurs délais, chaque semaine, au même endroit. Elle couvre aussi les documents que la loi vous demande et le paiement de leurs factures.

Le mot a aussi un sens juridique précis. La loi du 31 décembre 1975 le définit à son article 1, dans sa version consolidée au 6 janvier 2026 :

« La sous-traitance est l'opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l'exécution de tout ou partie du contrat d'entreprise [...] conclu avec le maître de l'ouvrage. »

L'article 2 ajoute une précision utile : le sous-traitant devient « entrepreneur principal à l'égard de ses propres sous-traitants ». Une chaîne se forme, et chaque maillon suit le maillon d'après.

Au quotidien, vous appelez sous-traitant tout prestataire qui travaille sur votre projet. L'agence web, l'imprimeur, le photographe, le développeur, le rédacteur entrent tous dans ce cercle. On parle alors de gestion des prestataires. La méthode de suivi est la même pour tous.

Pourquoi les délais des sous-traitants glissent-ils ?

Chaque prestataire tient son propre planning, avec ses autres clients. Votre projet, lui, dépend de l'ordre dans lequel ils livrent. Quand le premier décale de quelques jours, les suivants décalent aussi. Le glissement se voit tard quand les nouvelles arrivent seulement à votre demande. Le remède tient en trois gestes : écrire, rassembler, faire le point.

Ces causes se retrouvent d'un projet à l'autre :

  • Une date dite à l'oral, au détour d'un appel, que chacun retient à sa façon.
  • Un livrable décrit en une ligne, que le prestataire comprend autrement que vous.
  • Une dépendance cachée : le développeur attend vos textes pour avancer.
  • Des nouvelles éparpillées entre les mails, les messages et les appels.
  • Une validation de votre part qui attend dans votre boîte mail.

Regardez la dernière cause : le retard vient aussi de vous. Chaque validation qui attend décale toute la chaîne.

Prenez un exemple imaginé. Vous refaites votre site et vous préparez un salon. L'agence attend les photos, le photographe attend la date du salon, l'imprimeur attend les visuels. Un seul retard en amont arrête trois personnes en aval.

Ce glissement vous coûte du temps. Vous relancez, vous recoupez les mails, vous refaites le planning de tête. Ce temps sort de votre propre travail : vendre, décider, encadrer.

Chacune de ces causes se règle par l'écrit et par la régularité.

Que fixer par écrit avant de démarrer ?

Avant le premier jour, fixez cinq points par écrit avec chaque prestataire. Le livrable, la date, ce qu'il attend de vous, la personne qui répond, le rythme des nouvelles. Une page suffit, ou un mail qu'il confirme par retour. L'écrit règle les malentendus avant qu'ils coûtent des jours.

Porte-bloc orange à pince jaune avec une feuille de cinq cases, quatre cochées en violet, et un feutre violet qui trace la quatrième coche

Ces cinq points tiennent sur une feuille. Remplissez-les avec le prestataire, au moment où vous signez le devis. Pour garder la main sur vos devis en attente, voyez comment suivre vos devis. Voici ce que chacun contient :

Le livrable
Ce qui sera remis, sous quelle forme, avec un exemple. « La maquette de la page d'accueil, en deux versions » vaut mieux que « le design ».
La date
Un jour précis, plutôt qu'une semaine. Pour un travail de plus de deux semaines, ajoutez des étapes intermédiaires.
Ce qu'il attend de vous
Vos textes, vos photos, vos accès, votre validation. Chaque attente porte aussi sa date.
La personne qui répond
Un nom chez le prestataire, et un seul chez vous. Les questions vont droit au bon endroit.
Le rythme des nouvelles
Un message court chaque semaine, au jour convenu ensemble, même quand tout avance comme prévu.

Ajoutez le prix, les conditions de paiement et la règle en cas de changement. Ces trois points se règlent mieux au calme qu'en fin de projet.

Une clause de pénalité de retard se négocie aussi à cette étape, si le projet le justifie. Écrite au départ, elle se discute calmement. Ajoutée en cours de route, elle tend la relation.

Rassemblez enfin ces engagements dans une note de départ par projet. Elle tient sur une page : l'objectif, les délais et les risques. Elle sert de référence à chacun, vous compris.

Comment suivre plusieurs sous-traitants dans un tableau ?

Rassemblez tous les engagements dans un seul tableau, une ligne par livrable. Chaque ligne dit qui livre quoi, la date promise, la date prévue aujourd'hui et le statut. L'écart entre les deux dates est votre alerte. Un tableur partagé suffit. Mettez-le à jour chaque semaine, après avoir reçu les nouvelles de chacun.

Voici un exemple imaginé, pour le projet du site et du salon. Les statuts s'écrivent en toutes lettres : le tableau se lit d'un coup d'œil.

QuiQuoiPromisPrévuStatutProchaine action
RédacteurTextes du siteSemaine 1Semaine 1FaitArchiver la version finale
Agence webMaquettes du siteSemaine 2Semaine 2En coursVous : valider les maquettes
PhotographePhotos des produitsSemaine 3Semaine 4RisqueObtenir une date écrite
ImprimeurKakémono du salonSemaine 6Semaine 6À déciderVous : choisir entre deux devis
DéveloppeurMise en ligne du siteSemaine 8Semaine 9RisqueDécaler ou renforcer, à trancher

La colonne « Prévu » est la plus utile. Quand elle s'écarte de « Promis », vous le voyez des semaines avant l'échéance. Le retard du photographe, dans l'exemple, se répercute ainsi sur la mise en ligne.

Trois règles pour un tableau qui sert

  1. Une seule version

    Un fichier partagé, au même endroit pour tous. Deux copies divergent vite, et la réunion se passe à les comparer.

  2. Vos propres actions dedans

    Ce que vous devez fournir a sa ligne, comme le reste. Dans l'exemple, deux lignes attendent une action de votre part.

  3. Une mise à jour fixe

    Le même moment chaque semaine, après les nouvelles. Un tableau à jour inspire confiance ; un tableau ancien se délaisse vite.

Pour aller plus loin sur la méthode, semaine par semaine, lisez mon guide de la coordination de projet.

Que dire dans le point de la semaine ?

Le point de la semaine résume le tableau en quelques lignes. D'abord ce que vous avez à décider, avec une date limite. Puis ce qui est fait, ce qui avance et ce qui pourrait coincer. Il se lit en une minute. Il garde aussi la trace de chaque engagement, semaine après semaine.

Trois corbeilles de bureau violette, jaune et orange marquées « fait », « avance » et « décider », des feuilles tombent dans chacune

Rassemblez d'abord les nouvelles de chaque prestataire. Un message court suffit : ce qui est livré, ce qui avance, la date prévue. Reportez-les dans le tableau, puis écrivez le point à partir du tableau. Après une réunion de chantier, rédigez un compte rendu de réunion et reportez ses décisions dans le tableau.

Les risques méritent une ligne à part. Annoncé trois semaines avant, un retard laisse le temps de réagir. Annoncé la veille, il impose une décision dans l'urgence. Ce qui pourrait coincer se dit donc tôt, avant que ça coince.

Envoyez le point au moment de la semaine convenu ensemble, à toutes les personnes concernées. La décision attendue figure dans l'objet du mail. Voici un exemple imaginé, tiré du tableau de la section précédente :

Point de la semaineModèle

  • À déciderKakémono du salon : votre choix entre deux devis, sous deux jours
  • FaitTextes du site livrés et validés
  • En coursMaquettes du site : livraison à la date promise
  • RisquePhotos des produits : une semaine de retard annoncée, date écrite demandée

Ce point est inclus dans mes deux offres. Le modèle complet, rubrique par rubrique, avec le bilan du mois, est sur la page point de la semaine.

Que faire quand un sous-traitant prend du retard ?

Dès qu'un retard s'annonce, demandez une nouvelle date par écrit, avec sa raison. Mesurez ensuite l'effet sur les autres prestataires, grâce au tableau. Puis décidez vite : attendre, alléger le livrable, renforcer l'équipe ou confier la suite à un autre. Prévenez enfin chaque personne concernée, le jour même. Un retard dit tôt se règle mieux.

  1. Demander une date écrite

    Une date précise, et ce qui la rend possible. Un « bientôt » devient un jour du calendrier.

  2. Mesurer l'effet en chaîne

    Dans le tableau, repérez qui attend ce livrable. Décalez leurs dates prévues, ligne par ligne.

  3. Choisir une réponse

    Attendre, réduire le livrable, ajouter du renfort ou changer de prestataire. Chaque option a un coût et un délai.

  4. Prévenir tout le monde

    Chaque prestataire touché reçoit sa nouvelle date le jour même, par écrit.

  5. Revoir le cadrage

    Un retard qui revient appelle une relecture de la note de départ, avec le prestataire.

Gardez un ton factuel. Le tableau montre la date promise et la date prévue : la discussion porte sur l'écart. La relation reste bonne, et la solution vient plus vite.

Le message à envoyer au prestataire

Un message court et précis obtient une réponse claire. Il rappelle l'engagement, constate l'écart et demande une date. Voici un exemple imaginé, pour le photographe du tableau :

Bonjour, les photos des produits étaient prévues en semaine 3. Pouvez-vous me confirmer par écrit votre nouvelle date, et ce dont vous avez besoin de ma part pour la tenir ? L'agence web les attend pour finir les maquettes. Merci.

Le message nomme la conséquence pour les autres : le prestataire comprend la chaîne. Il demande aussi ce qui dépend de vous. La réponse révèle parfois une attente de votre côté.

Pour choisir entre les options, partez de la date qui compte vraiment pour vous. Le salon a une date fixe ; la mise en ligne du site peut glisser d'une semaine. Le livrable qui touche la date fixe passe en premier.

Quelles règles légales s'appliquent à vos sous-traitants ?

Deux règles concernent toute entreprise qui fait travailler des sous-traitants. La première : payer leurs factures dans les délais de paiement convenus. En principe, c'est 30 jours après la prestation, et 60 jours au plus après la facture si vous l'avez convenu. La seconde : demander une attestation de vigilance dès 6 000 € TTC de contrat, puis tous les six mois. Les deux se suivent dans le même tableau.

Payer dans les délais

Selon Service Public Entreprendre, le délai est en principe de 30 jours après la prestation. Les deux entreprises peuvent convenir de 45 jours fin de mois, ou de 60 jours après la facture. La fiche de la Banque de France, d'avril 2022, donne les mêmes plafonds.

Un paiement en retard coûte au payeur. Chaque facture réglée en retard ajoute une indemnité de 40 €, selon la même fiche. L'administration peut aussi infliger une amende jusqu'à 2 millions d'euros pour une société.

Ajoutez deux colonnes à votre tableau : facture reçue le, payée le. Payer à l'heure entretient aussi la relation avec vos prestataires.

Demander l'attestation de vigilance

Pour tout contrat de 6 000 € TTC ou plus, le prestataire vous présente une attestation de vigilance, délivrée par l'Urssaf. Service Public Entreprendre le précise dans sa fiche dédiée. Le seuil est de 5 000 € avant taxes dans la loi, soit 6 000 € TTC avec la TVA à 20 %. Le seuil porte sur le montant global de la prestation. Un prestataire qui facture sans TVA est donc concerné dès 5 000 €.

L'attestation vaut 6 mois : elle se renouvelle pendant toute la durée de la prestation. Le prestataire la télécharge dans son espace en ligne. Vous vérifiez son authenticité sur le site de l'Urssaf, avec le code de sécurité à 15 caractères imprimé dessus.

Le même contrôle descend la chaîne. Dans l'exemple de la fiche officielle, l'architecte demande les documents au plombier qu'il fait travailler. La fiche annonce aussi une obligation renforcée en sous-traitance en cascade. Elle s'appliquera après un décret, au plus tard le 27 décembre 2026.

Ce contrôle protège le donneur d'ordre. En cas de travail illégal d'un sous-traitant, le donneur d'ordre encourt les mêmes sanctions que l'auteur, rappelle Service Public Entreprendre. Une attestation vérifiée et rangée avec le contrat garde la trace de votre contrôle.

Notez dans le tableau la date de fin de chaque attestation. Le rappel tombe alors tout seul, tous les six mois.

Quand confier la gestion des prestataires ?

Confiez-la dès que vos projets avancent seulement quand vous poussez. Autre signe : vous apprenez trop tard où en est le travail. Le suivi devient alors un métier à part entière. C'est le rôle d'une cheffe de projet externalisée : elle tient le tableau, recueille les nouvelles et vous écrit chaque semaine.

C'est mon offre Piloter, la coordination de vos prestataires. Je coordonne vos équipes et vos prestataires : le planning, les étapes, le suivi de chaque intervenant. Je prépare vos décisions et je signale les risques tôt.

Chaque semaine, je vous écris ce qui est fait, ce qui avance et ce qu'il vous reste à décider. Toutes les deux semaines, un appel de 30 minutes en visio. Chaque mois, le bilan : étapes, décisions, heures utilisées.

Trois documents restent chez vous :

Semaine 1, la note de départ
Une page : l'objectif, les délais et les risques.
Fin du 1er mois, le tableau de suivi
Qui fait quoi, et quand, pour les 3 prochains mois.
À la fin, le dossier de fin de mission
Tout ce que j'ai construit vous est remis. Tout reste chez vous.

Piloter commence à 1 500 € par mois, au forfait, avec un engagement de 3 mois conseillé. Le contenu exact se fixe avec vous pendant l'appel gratuit. Le détail des forfaits est sur la page tarifs.

Votre besoin porte surtout sur l'administratif, les devis et les factures ? L'offre Déléguer y répond.

Vos questions sur la gestion des sous-traitants

Quelle différence entre sous-traitant et prestataire ?

Au sens de la loi de 1975, le sous-traitant exécute tout ou partie du contrat signé avec votre propre client. Le prestataire, au sens courant, travaille directement pour vous. Le suivi des délais se fait de la même façon pour les deux.

Quels documents demander à un sous-traitant ?

Dès 6 000 € TTC de contrat, soit 5 000 € avant taxes, une attestation de vigilance de l'Urssaf. Elle vaut 6 mois et se renouvelle pendant toute la prestation. Elle se vérifie sur le site de l'Urssaf avec son code à 15 caractères. Rangez-la avec le contrat signé.

Quel délai pour payer un sous-traitant ?

En principe, 30 jours après la prestation. Les deux entreprises peuvent convenir de 45 jours fin de mois, ou de 60 jours après la facture. Une facture payée en retard ajoute une indemnité de 40 € et des pénalités.

Quel outil pour suivre ses sous-traitants ?

Pour démarrer, un tableur partagé suffit : une ligne par livrable, avec la date promise, la date prévue et le statut. Choisissez l'outil que vos prestataires ouvrent déjà chaque jour. La régularité du point compte davantage que l'outil.

Comment prévenir les retards d'un sous-traitant ?

Fixez par écrit le livrable, la date et ce qu'il attend de vous. Demandez des nouvelles chaque semaine. Notez la date prévue à côté de la date promise : l'écart vous alerte des semaines à l'avance.

Qui peut suivre vos sous-traitants à votre place ?

Une cheffe de projet externalisée, au forfait mensuel. Avec mon offre Piloter, je coordonne vos équipes et vos prestataires. Chaque semaine, je vous écris ce qui est fait, ce qui avance et ce qu'il vous reste à décider.

Sources7 documents

Mon offre vient des pages Piloter et Point de la semaine, à jour au 08/11/2026. Les règles de droit viennent des pages officielles ci-dessous, ouvertes et relues le 08/11/2026.

  1. Service Public Entreprendre, comment obtenir une attestation de vigilance (F31422), page vérifiée le 06/07/2026, lue le 08/11/2026.
  2. Service Public Entreprendre, sanctions de l'employeur en cas de travail illégal (F31490), page vérifiée le 03/07/2026, lue le 08/11/2026.
  3. Urssaf, vérification de la validité et de l'authenticité des attestations, lue le 08/11/2026.
  4. Service Public Entreprendre, délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard (F23211), page vérifiée le 07/08/2026, lue le 08/11/2026.
  5. Banque de France, référentiel des financements des entreprises, fiche 601 : le crédit interentreprises, version d'avril 2022, lue le 08/11/2026.
  6. Loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, version consolidée (reproduite par marche-public.fr), version consolidée au 06/01/2026, lue le 08/11/2026.
  7. Bulletin officiel des finances publiques, TVA, le taux normal (BOI-TVA-LIQ-20-20140919), publié le 19/09/2014, lu le 08/11/2026.